Le dernier synode de l'Église suédoise apporte quelques changements; plus dans la forme, car dans le fond elle était déjà très loin.
En premier lieu, il s'agit du "mariage pour tous", ensuite de la présence de l'Église dans les media, puis de la promotion du commerce équitable.
Pour ce qui est du premier point, la presse et les blogues en ont parlé, sans trop savoir de quoi ils parlaient. Je vais essayer de clarifier ce point.
En Suède, ceux qui se marient à l'église ne doivent plus passer à la commune, vu que le clergé fait également office d'officier d'état civil. Au début il y avait les parteneriats civils pour les couples de deux femmes ou deux mecs, et ces parteneriats équivalaient le mariage, sauf que le terme était évité. Une fois passé à la commune pour le parteneriat, le couple pouvait passer à l'église pour une "bénédiction de partenariat" avec ou sans messe.
Or l'État a décidé que dorénavant il n'y aurait plus deux terminologies différentes, mais que toutes les unions, quel que soit le sexe des agents, s'appeleraient «äktenskap» (= «vigsel» = «bröllop»), c'est-à-dire mariage. Dans ce cas, l'Église suédoise devait également choisir entre deux options:
1. Soit continuer des "bénédictions de partenariats", mais dans ce cas-là cette cérémonie aurait été irrecevable par l'État, ce qui aurait obligé les couples concernés à passer à la commune avant l'église; mais dans ce cas-là, l'Église aurait complètement arrêté de faire office d'état civil, pour qui que ce soit;
2. Soit utiliser la même terminologie que l'État, c'est-à-dire ne plus parler de "bénédiction de partenariat", mais de «vigsel» (= «äktenskap»), c'est-à-dire "mariage", pour tout le monde, quitte à ce que les cérémonies restent différentes.
Sur les 13 évêques (l'archevêque d'Upsal y compris), 5 ont été pour la première option, alors que les autres ont été pour la seconde. Donc c'est la seconde qui l'a emportée. Cependant les 5 autres n'ont pas fait de schisme pour autant. Il faut également noter que le clergé est majoritairement féminin, et donc les 5 évêques "négatifs" n'ont aucune chance de persister, car sinon ils se mettraient le clergé sur le dos. Et même s'ils avaient le clergé de leur côté, les laïcs (= chrétiens du peuple) sont majoritairement pour la seconde option. D'ailleurs le synode est constitué de deux tiers de laïcs.